Dimanche 9 décembre 2007
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"Ma plus belle histoire c'est vous" pose utilement la question du retour sur investissement, voire même, du retour tout court en cas de défaite politique.
Face aux espoirs suscités, le rejet majoritaire de l'opinion ne procure, pour le moment, aucune légitimité : La faculté de changer le cours de l'histoire est
fermée pour un laps de temps indéterminé par l'échec du suffrage, repoussée en l'absence d'échéance immédiate .
A l'état de grâce de l'élu qui occupe la galerie et les médias, s'oppose l'état de glace du battu (Bayrou, Royal), contraint de disparaître en faisant bonne
figure.
Existe-t-il une posture-type pour celui ou celle qui n'a pas convaincu ?
Faut-il laisser le champ des écrans libres au camp vainqueur, ou mener une stratégie de harcèlement, au risque d'apparaitre sans initiative ni perspectives constructives ?
Faut-il se donner le temps de prendre la mesure de la situation et proposer un nouveau rendez-vous à "son" public déçu ?
La réponse à ces questions dépend de l'analyse que l'on fait du poids des suffrages que l'on a su, à un moment précis réunir sur son nom. Cette photo de l'opinion prise à un instant
particulier a-t-elle un caractère pérenne ? La réponse est évidemment Non !
Un "capital de sympathie" ne peut produire avec le temps aucun intérêts ni dividendes.
Et nombreux sont ceux qui, ayant fait une fois le "mauvais choix", iront vers le vote qualifié d'utile. à l'instar des électeurs de Le Pen en 2002.
Tandis que d'autres plus versatiles, rallient le camp, voire l'équipe du vainqueur.
Le mythe dégonflé du Shadow Cabinet
Malgré les effets d'annonces de l'opposition au lendemain des législatives de juillet 2007, le contre-cabinet fantôme regroupant des parlementaires, improbables et obscurs
remplaçants des ministres en place n'a jamais représenté une réalité. Le commentaire des annonces gouvernementales demeurant à la charge d'un premier secrétaire qui gache ses talents
dans une tâche souvent dérisoire.
Au football et surtout au rugby, un équipe privée de ballons n'a aucune chance de marquer le moindre point. En matière politique, le pouvoir use les hommes, et
surtout ceux qui ne l'ont pas !
Que reste-t-il aux opposants pour revivifier une image marquée par la symbolique de la défaite ? La candidate battue il y a sept mois propose une posture d'un genre nouveau, émotionnel.
Dépositaire, selon elle, d'une part de marché affective dans l'opinion, elle vise à en renforcer l'attractivité et la compétitivité, sans fixer d'objectifs précis ni de date
d'évaluation du résultat.
Pari audacieux et risqué, car le métier de "people" ne sourit qu'aux gagnants.
Par Bertrand DAULLÉ
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Publié dans : Actualité politique
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